La Marche Saint-Pierre de Florennes


 


 

Les habitants de notre région ont toujours été attachés à leurs traditions. Ainsi, depuis sa création, la Marche Saint-Pierre de Florennes, malgré quelques vicissitudes et interruptions forcées durant les deux conflits mondiaux, a toujours été attendue avec impatience par ses acteurs et ses spectateurs.

En 1802, Napoléon Bonaparte, Empereur des Français, rétablit le culte (aboli en 1795, lors de la conquête de la Belgique par les révolutionnaires Français). Il autorise à nouveau la sortie des défilés à caractères religieux avec escorte armée.

Dès cette année, la Jeunesse de Florennes, aidée par le clergé et les notables, décide de relancer les anciennes traditions.

Notamment les processions pour contrer les épidémies, courantes à l’époque. Comme ces processions étaient souvent victimes d’attaques de brigands, elles étaient escortées par des milices ou des gens en armes.

Mais ces soldats étaient également là pour faire honneur au défilé.

Il faudra cependant attendre 1824 pour constater que l’Administration communale de Florennes décide de dépenser une somme de 25 florins pour l’organisation de la Saint-Pierre.

Cela signifie-t-il que la date de la naissance n’est pas 1825 mais bien 1824 ? En tout cas c’est 1825 qui fut retenue comme date officielle de la création. En fait, il est même très possible qu’elle soit plus ancienne.

Ainsi, le livre des dépenses de l’Abbaye de Florennes mentionne des gratifications faites en 1562 à des soldats de la garnison de Philippeville et en 1615, une garde, appelée « Serment » (ancien nom donné aux compagnies d’arbalétriers, puis d’archers au Moyen Age), composée d’arquebusiers, a pris part à la procession Saint-Jean-Baptiste du 24 juin.

Si l’on considère 1825 comme la première marche de l’époque moderne, c’est parce que cette année là, elle fut particulièrement brillante.

De nombreuses compagnies étrangères y participèrent.

On parle même d’un régiment de lanciers.

Elle constitua, comme de nos jours, une véritable fête populaire. Il fut également décidé que les sorties de la Saint-Pierre s’effectueraient suivant le rite ancien : le 29 juin, si ce jour est un dimanche.

Si ce n’est pas le cas, la célébration aura lieu le dimanche qui suit immédiatement le 29 juin.

Après la défaite de Waterloo, les survivants revinrent chez eux et conservèrent leurs uniformes du Premier empire.

Beaucoup de ces soldats étaient de notre région. Et lorsqu’il a fallu que des gens en armes remplacent les compagnies de soldats de métier, ils ressortirent leurs uniformes de grognard pour former à leur tour la garde d’honneur des processions.

Les uniformes étaient de ce fait du style Premier empire.

L’uniforme n’étant pas éternel, il fallu se résoudre à en créer des nouveaux inspirés directement ou indirectement de l’uniforme français.

Par la suite, on utilisa également les surplus de l’armée belge ou de la garde civique.

A l’origine de sa création, la Saint-Pierre de Florennes ne possédait qu’une seule compagnie.

Elle portait le nom de « Compagnie Saint-Pierre ».

Elle avait pour mission d’escorter la statue de saint Pierre et ses reliques.

Elle était gérée principalement par la jeunesse, les notables et la société de musique, déjà appelée : « Sainte-Cécile ».

En 1875, pour des raisons politiques, une scission  est intervenue au sein de cette phalange.

De cette guéguerre, est née une seconde musique : « La Lyre Ouvrière » de tendance libérale.

Cette dernière voulait également participer à la Saint-Pierre.

Il était bien entendu impossible de faire participer les deux sociétés de musique à la Marche dans la même compagnie ! Il fut donc décidé d’en créer une seconde.

La première, ouvrant la marche verrait la participation de la musique Sainte-Cécile, la seconde serait rehaussée de la phalange : La Lyre Ouvrière.

Il fallait également leur trouver un nom, puisque les deux compagnies étaient de Florennes.

On parla d’abord de les appeler : « compagnie catholique », pour la première et « Compagnie Libérale » pour la deuxième.

Mais ces noms vont très vite changer car la première compagnie décida de porter le pantalon « garance » et la seconde de conserver les pantalons blancs.

Les noms étaient tout trouvés car c’est la population qui les dénomma : Compagnie des Rouges, pour les catholiques et Compagnie des Blancs pour les libéraux.

Les appellations devinrent par la suite « Compagnie Les Rouges » et « Compagnie Les Blancs ».

A noter que le nom : catholiques (ou calotins) et libéraux, devenus par la suite socialistes restèrent presque jusqu’à nos jours.

Texte de Christian Lauvaux.